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Des commentaires dédiés à tous pour formuler mes réactions, mes réflexions et mes émotions au fil de promenades, voyages, lectures, visites, recherches... que sais-je encore?
Pour se connaître, pour échanger.
Ma vie d'enfant avait donc basculé. J'avais été transporté d'un monde à l'autre, d'un océan d'enfance versle tourbillon d'un début (prématuré) d'adolescence.
Sans venir d'un néant insondable tel un enfant adopté venu d'un pays lointain, je me trouvais néanmoins transporté, "catapulté" définitivement dans une nouvelle famille tout en
restant à Croissy.
Le fond triste et l'humeur brumeuse, je sentais qu'il me manquait quelque chose, une forme de tendresse à jamais perdue. J'en voulais alors au sort, à la Terre entière, ma situation était
trop injuste, mais je prenais mon destin comme il advenait. J'adorais ma Tante, et je jouais avec Véronique.
Parallèlement je me suis mis à imaginer mes parents en fouillant dans leurs affaires qui m'étaient accessibles, en regardant les photos (peu nombreuses), leur album de mariage. Le moindre
objet leur ayant appartenu devenait une relique précieuse, tels les compas et les critériums de mon père, ses livres de mathématiques (!), je mettais leurs alliances, platine et or rouge. Je les
perdis!
Leurs échanges épistolaires étaient indéchiffrables pour l'enfant que j'étais. Il y avait là des dizaines de lettres, bien rangées dans les enveloppes d'origine, adressées à l'un et à l'autre, à
Croissy, Seine-et-Oise, à Bourges, Cher. Un jourde colère, j'ai tout jeté, j'ai mis à la poubelle l'intégralité du
courrier de mes parents, soigneusement conservé dans des boîtes à chaussures. Geste de désespoir et de rage s'il en est ! Irrationnel et inconséquent. Par dépit, j'avais tout renvoyé au néant,
comme pour confirmer que c'en était fini. Que, puisque c'était ainsi, je ne voulais plus rien apprendre par eux. J'ai ainsi perdu trace d'une grande partie de leur mémoire directe ; j'avais
peut-être 10 ans quand j'ai fait disparaître ces boîtes. Peut-être cela a-t-il été mieux ainsi ? Je l'ai beaucoup regretté par la suite (une fois devenu adulte). Non seulement, mon père et ma
mère n'étaient plus là pour que je les aime et que je les connaisse, mais encore pire, j'avais moi-même effacé des traces de leur vie qui auraient pu m'intéresser au plus haut point.
Je tirais un trait, une croix sur eux, qui devenaient par là même des images, des spectres transparents. Leur réalité allait s'échapper de plus en plus au fil des années. Ils allaient devenir des
êtres inaccessibles et inconnaissables qui m'avaient pourtant apporté la Vie ! Je me suis donc mis à rêver.