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Des commentaires dédiés à tous pour formuler mes réactions, mes réflexions et mes émotions au fil de promenades, voyages, lectures, visites, recherches... que sais-je encore?
Pour se connaître, pour échanger.
Et puis il y avait le garçon du silence, le jeune garçon mal dans sa peau, trop émotif et muet au fond. Très angoissé d'exister, de
s'exposer, de dire Sa vérité. Aussi bien chez lui que dans un groupe : club de sport, scoutisme ou autre. Je refusais catégoriquement d'appartenir à quoi que ce soit. Je ne voulais appartenir qu'à
moi-même. Je refusais qu'on me juge, qu'on me voie parmi d'autres. J'étais fortement individualiste.
Mal dans mon corps, j'avais fait le choix de ne pratiquer aucun sport (devant les autres...). Sans doute, Je souhaitais être invisible. Parce que je me jugeais mal ?
En réalité, je n'osais crier ma souffrance à la face du monde, que ce soit auprès des miens ou dans tout groupe auquel il me serait advenu d'appartenir. J'avais besoin d'intimité, de lieux secrets,
de secrets. Alors je jouais la comédie. Je vivais sur la pointe des pieds, parfois en cachette, et je me dissimulais dans les rires.
Je me sentais envahi comme par un sentiment d'empêchement général d'exister. Ressenti imaginaire ? La vie m'était impossible par moment. J'avais pourtant tant envie de vivre, de jouir d'un
bonheur qui me paraissait m'échapper. Malaises.
Je me suis donc confié à la personne la plus intelligente que j'ai eu le bonheur de rencontrer à 12 ans. Je me suis confié tout entier à F. qui m'écoutait et que j'écoutais sans fin. Ce garçon
était "fantastique". Par dessus tout, il comprenait tout et savait m'écouter, donc me reconnaître. Il avait de l'audace et pas de limites ainsi que des capacités étonnantes pour dire Non.
J'admirais son intelligence et sa vivacité d'esprit. L'amitié est souvent faite d'admiration réciproque. Nos échanges étaient vifs, sans fin sur les trajets scolaires, le sac de sport sur le dos.
Une amitié forte et puissante était née. Une amitié de paroles. Une amitié sur la route. Mais pour toujours. Il avait passé son enfance en Iran, c'est sans doute le secret de son immense ouverture
psychologique, il était magicien des mot et de l'esprit. Mais il allait repartir à Londres l'année d'après. Sans laisser d'adresse. Je me voyais alors perdre mon confident.
Je restais seul. J'étais "brisé comme un éclat de rire".